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Une Union Européenne avec le casque militaire enfoncé jusqu’aux sourcils et contre l’ennemi intérieur – Ángeles Maestro

Ángeles Maestro

Le 9 novembre deux nouvelles étroitement liées sont arrivées:

• Le journal dominical de El País consacré au Forum «Dialogues pour la sécurité» et

• l’annulation par Youtube de la chaîne «Reflexiones Iracundas«

Organisée par le journal espagnol El País, a eu lieu à l’Hôtel Palace de Madrid la Deuxième édition du Forum s’»Dialogues pour la sécurité» ; il avait pour but d’analyser le cadre économique et géostratégique du réarmement de l’UE, et en particulier du Royaume d’Espagne. Comme c’est souvent le cas, les dépenses de l’événement ont été prises en charge par ceux qui reçoivent des sommes d’argent public gigantesques bien au-delà de ce qu’ils pouvaient rêver : Amper, EM&E Group, GMW et Indra Group, entre autres. Le soutien institutionnel, c’est-à-dire celui des responsables d’arroser les caisses des entreprises avec les budgets des administrations, était représenté par la ministre de la guerre (PSOE), la vice-présidente du gouvernement d’Aragon (PP et Vox) et Mr. Borrell, celui du jardin, président d’un think tank, le CIDOB, et ancien vice-président de la Commission européenne.

Tandis que les PDG les multinationales d’armement se frottent les mains, ils se déversaient en éloges à celui qu’ils reconnaissaient comme seul client, le Ministère de la Défense, et faisaient vœu pour une UE «unie et forte», essentielle pour que l’entreprise fonctionne. La ministre a malgré tout affiché ses réalisations : une dépense publique officielle (le réel est plus du double) qui atteint 33.000 millions d’euros en 2025, en plus de 10.470 millions pour le Plan industriel et technologique de sécurité et de défense. Les dépenses militaires de l’UE ont atteint 381 milliards d’euros, soit presque quatre fois plus que le chiffre record précédent.

Leur ferveur guerrière n’a cessé d’atteindre de nouveaux sommets en affirmant que «nous continuerons à soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra, car ce sont nos valeurs et la démocratie qui sont en jeu». Il leur a manqué de dire «jusqu’au dernier ukrainien». L’évidence que ce sont des fascistes qui gouvernent l’Ukraine est la honte qu’il faut cacher sous le tapis, parce que sans le chantage de la «menace russe» le gigantesque pillage du budget public ne tendrait pas.

Comme le savent bien ceux qui se sont réunis à l’Hôtel Palace – siège du syndicat socialiste UGT pendant le gouvernement du Front populaire (1936)- ce scandale se produit alors que plus d’un quart de la population (25,8%) vit dans la pauvreté et l’exclusion sociale. Aux salaires et pensions de misère s’ajoute le démantèlement des services publics tels que la santé, l’éducation ou les services sociaux ; privatisés par les uns et les autres ; en plus du grotesque de fermer des usines qui produisaient des biens nécessaires, pour installer des industries de la mort.

Leur problème est de savoir comment gérer ce profond malaise social, caché pour l’instant, qui canalise électoralement le parti ultra Vox, aussi complice de la spoliation que les autres. Profitant du désespoir croissant, surtout chez les jeunes, à la suite de politiques au service du capital, le fascisme utilise la corruption et le leurre de blâmer l’émigration de la dégradation des conditions de vie dans les quartiers ouvriers, en falsifiant les données et en cachant, par exemple, que 220000 Ukrainiens arrivés après 2022 vivent avec des frais payés et des prestations financières.

Le contrôle de ce sourd malaise social, qui s’étend à des couches toujours plus larges de la population, qui pourraient comprendre que le vrai danger qui menace leurs vies n’est pas en Russie, mais beaucoup plus proche, est celui qui inquiète la directrice du CNI, le gouvernement et toutes les élites économiques otanistes. Lorsque les gouvernements consacrent d’énormes sommes d’argent public à la «sécurité», nous devons comprendre que c’est «leur sécurité» qui les préoccupe et qu’ils cherchent à conjurer l’ennemi interne. En les entendant parler de «désinformation», de «fake news», de «déstabilisation» ou de médias ou de personnes «au service de puissances étrangères», il faudrait leur appliquer le dicton espagnol de «croit le voleur que tous sont de sa condition». Car c’est bien ce qui caractérise leurs campagnes d’intoxication et de guerre idéologique visant à conjurer la panique qu’ils ressentent devant le risque que les travailleurs comprennent que leurs vrais ennemis siègent dans les conseils des ministres et dans les luxueux bureaux des multinationales, les mêmes qui s’enrichissent de notre argent et qui ont besoin des guerres pour graisser leurs affaires.

Économie de guerre n’est pas seulement une affaire d’armement avec de l’argent public. C’est aussi intensifier la répression contre ceux qui peuvent ouvrir les yeux aux autres. Ils essaient d’empêcher que la classe ouvrière comprenne les dimensions du crime qu’ils commettent et qu’elle se décide à faire en sorte que leur fête s’achève. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut comprendre la persécution syndicale, celle de la jeunesse antifasciste, la censure ou le dénigrement de toute personne qui remet en cause le bellicisme des gouvernements de l’UE qui foulent aux pieds les droits sociaux et politiques les plus élémentaires de leurs peuples; Les prisons sont de plus en plus pleines de prisonniers politiques.

Le droit à l’information est quotidiennement nié par des médias qui sont ou propriété des multinationales de l’armement ou contrôlés par des gouvernements servant les mêmes intérêts. Vous rappelez-vous ce qui s’est passé pendant la pandémie? Les mécanismes utilisés aujourd’hui ressemblent à ceux de l’époque du civd comme deux gouttes d’eau. Les réseaux sociaux, au début plus difficiles à contrôler, sont soumis aux lois et d’autres normes des services numériques de l’UE qui restreignent de plus en plus la liberté d’expression; Tout cela s’ajoute à la censure exercée par les sociétés multinationales elles-mêmes et à l’exclusion totale de l’accès aux médias tels que RT ou Sputnik.

Je tiens á exprimer ici toute ma solidarité à la chaîne Reflexiones Iracundas, à ceux qui souffrent de la répression pour défendre le droit à l’information, pour lutter pour leurs droits du travail ou contre le fascisme; et pour combattre un capitalisme aussi criminel que son incapacité évidente à garantir des conditions de vie dignes à tous les êtres humains.

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